Jour 11 : 17 octobre

 

Une journée presque record.

Il fait tellement bon dans mon duvet que je ne crois pas la température sur mon compteur : 0,5° ! Je n’ai pas ma combi de ski sur moi donc ça sera leggings, pantalon, grosses chaussettes, T-shirt, pull et doudoune !

Pour la première fois du voyage j’utilise mon filtreur. Un coup de pied dans la glace et je filtre l’eau de rivière.

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Mon sourire et la motivation reviennent grâce à la route. De l’asphalte, une route principalement descendante jusque Alichur : du bonheur.

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Voilà très longtemps que je n’ai pas mangé autre chose que des nouilles chinoises. Dans 53km la ville d’Alichur pourra peut être m’aider à subvenir à mon besoin alimentaire !

 

Ce matin les couleurs sont magnifiques. Un soleil resplendissant, un peu de neige sur les montagnes jaune-orange et un ciel bleu.
17102015-5O2A1489Vers 12h je suis en haut d’une petite bosse qui le faut découvrir de loin le lac d’Alichur. Impossible de décrire cette beauté. C’est magnifique.

 

 

 

 

 

Le lac est d’un bleu que je ne connais pas, les nuages reflètent à la surface.

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C’est donc à Alichur que je vais reprendre des forces. Pates, soupe de Yack, thé, pain voilà qui me fait le plus grand bien.

Jeune Tadjik qui m'a accompagné jusqu'au restaurant le plus proche.

Jeune Tadjik qui m’a accompagné jusqu’au restaurant le plus proche.

J’en profite pour sortir ma carte et regarder les km. J’ai 53km, le col à 4130 est dans 44, donc le but est de le passer avant la fin de journée.
Mais grâce au vent (particulièrement puissant) de dos je fonce à plus de 27km/h alors que c’est censé monter. En regardant ma carte je remarque que j’ai dépassé le col ! J’ai presque 100km et la journée n’est pas terminée. Que faire ? Aller à Murgab à 77km ? Ou alors me rapprocher le plus possible ?

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Je suis tellement heureux de pouvoir rouler sur de l’asphalte en descente et avec vent de dos que je ne m’arrête même plus et à 19h je suis à Murgab après 159km !!

 

J’ai envie de me faire plaisir et demain je fête ma première année, je vais aller en guest house à 10$ la nuit. Le Pamir et la solitude m’ont beaucoup fait réfléchir sur comment est mon voyage et comment je le voyais.

J’ai donc rédigé un texte qui résume ma première année sur la route : ici.

 

Jour 12 : 18 octobre 2015

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Jour 13 : 19 octobre

Jour de repos à Murgab

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Murage

Murgab

 

Jour 14 : 20 octobre

Pause qui a fait du bien. La neige est tombé dans la nuit ce qui donne une vue superbe sur les montagnes au loin. La première partie se fait bien puisque ça descend et le vent est dos. Mais au tournant le vent change et l’air est glacial de nouveau. Je sais qu’il n’y aura rien à manger avant longtemps, j’aimerais aussi passer le col à 4655m aujourd’hui pour dormir de l’autre coté. Physiquement je ne suis pas en forme du tout, mes muscles tirent et me le disent !!

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Plus j’avance, plus il fait froid, plus ça monte, plus c’est blanc et plus c’est beau ! Tout est blanc autour de moi, même en dessous ! Oui la route est enneigée mais je ne dérape même pas.
Voilà la côte qui m’emmènera au col ! Je tire je tire, j’ai les mains et pieds gelés je donnerais tout pour un feu dans mes vêtements !

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En levant la tête j’en vois deux autres au loin. Ils ne ressemblent pas du tout à des Tadjiks, et je vois 2 vélos sur le mur d’une maison qui fait de la fumée ! C’est Tim et Hetty d’Australie en tour du monde/lune de miel.

Je crois qu’il est difficile de décrire comment j’étais. Je pense que je pourrais comparer ça à comme si vous n’aviez pas vu votre femme et vos enfants depuis 20 ans. J’étais trop heureux de voir des amis cyclos… Qu’importe l’heure et le col je veux rester avec eux. Je vais donc demander dans la maison si je peux rester.

Une femme vis seule avec ses deux enfants. Ils sont autour du feu. La première pièce n’est pas chauffée, c’est là que nous mettons les vélos. Nos gourdes ont gelé car il fait -11 degrés. Mais à l’intérieur c’est le paradis ! Nous dormirons tous dans la même pièce.

 

Jour 15 : 21 octobre

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Les bye bye avec mes amis australiens, eux commencent le Pamir, moi je vais le terminer. Encore 3 cols ! Le plus haut est à 3km devant moi.

Après un effort d’une heure je suis en haut du plus haut col du Pamir 4655m !!!

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Le col: 4655m

 

Tout est blanc, les montagnes immenses, la route est pleine de neige et de glace faut que je fasse gaffe !

La descente se fait bien. Sur ma carte j’avais dessiné des ondulations qui signifiaient que la route était en mauvais état. Dans le mille ! C’est comme si vous posiez des tôles auxquelles vous ajoutez un peu de terre et des cailloux. Tout ça sur 15km. Je suis obligé de crier d’énervement, personne ne peut m’entendre de toute façon !

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Mais une plus belle descente arrive sur de l’asphalte avec le vent de dos qui me propulse en face du lac de Karakul. En fond des montagnes de plus de 6000m. C’est juste incroyablement beau.

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Quelque kilomètre plus loin je suis à Karakul où je vais dormir en HomeStay car il fait vraiment trop froid.

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Jour 16 : 22 octobre

Si tout se passe bien je devrais passer ma dernière journée au Tadjikistan. Avant ça 2 cols !

 

Pour l’échauffement je fais le tour du lac bleu turquoise entouré de montagnes enneigées. Je suis au paradis je crois. Je pense apercevoir le col après une longue côte. Merci au vent de m’avoir propulsé en haut des 4430m !

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Je me demande si je ne suis pas mieux à monter. Il faut savoir qu’il fait en dessous de 0 et qu’en montant je peux me réchauffer. Mais les descentes me tuent… Celle la je m’en souviens bien. Encore une fois je ne sens ni mes mains, ni mes pieds. Pour réchauffer mes mains, je les mets sous mes aisselles. Alors l’une après l’autre (car je roule) je les place sous mon bras. C’est le seul moyen pour me « réchauffer ».

La dernière fois que je vois ces montagnes.

La dernière fois que je vois ces montagnes.

Tout d’un coup je suis entouré d’une brume ou de poussière je ne sais pas. C’est bien de la poussière, le vent est tellement puissant qui balaye la poussière !

Une fois la tempête passée, je peux voir le dernier col. Ça me fait bizarre de quitter cette région.

Le Pamir m’a permis de beaucoup réfléchir sur l’avenir du voyage. J’ai écris l’article de ma première année ce jour même.

La route est horrible, pleine de trous et de boue et puis de la neige. Mais je suis content d’en finir… 4382m et me voilà à la frontière.

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Le Pamir est à faire, à voir, à vivre. L’avoir fait solo n’a pas été facile. J’ai eu du mal à dormir à deux reprises à plus de 4300m. J’ai dormi dans 2 Homestays, j’ai fait le reste en tente.

 

C’était une grande aventure, merci à Véro pour la jante et les conseils.

 

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Written by Tom

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