OBJECTIF LAAYOUNE!

Un nouveau voyage se prépare .L’arrivée de mon frère Luca le 8 janvier, le départ de Jerem le 9 vers l’Asie et celui de Tatane le 12, nous donne l’occasion de voyager en famille. Notre destination: Laayoune dans le Sahara en passant par la côte Atlantique.

Le 13 janvier l’aventure reprend de plus belle, direction El Jadida. Ce sont les premiers KMS de Luca qui n’a jamais roulé chargé. Il va passer 6 mois avec moi à travers le Maroc et l’Europe de l’Est. Mais avant tout il doit apprendre à monter une tente, à cuisiner avec un simple réchaud à essence, se doucher avec 50 cl d’eau et découvrir la vie rudimentaire Marocaine.


 

DE CASABLANCA À IMSOUANE

 

La route côtière est assez fréquentée, d’où notre envie d’emprunter les chemins de traverses. Sur notre droite des dunes, mais que peut il se cacher derrière?

 

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Nos deux roues nous permettent de découvrir en toute liberté, certains paysages quelques fois inaccessibles par d’autres moyens de transport. La route se transforme en piste de sable et nous atteignons la plage de sable d’or d’ Ouled Ghanem. Une petite lagune et son village de pêcheurs. En haut des dunes, la piste semble continuer dans la direction que nous souhaitons, pourquoi ne pas la suivre? Nous voilà partis pour 7kms en alternant marche et vélo pour arriver dans un cul de sac. Demi tour obligatoire pour rejoindre Oualidia.


Cette route est bordée de champs où les marocains cultivent la carotte, les navets et les choux. Nous apprécions goûter ces légumes fraichement récoltés et offerts par les paysans.
Le 16 janvier nous arrivons à Oualidia. La ville semble déserte, les épiceries sont fermées et certains restaurants aussi. C’est vendredi jour de la prière qui est une obligation pour les hommes. On se dirige vers la mosquée par curiosité. Nous posons des questions lors de nos rencontres. Les gens nous expliquent, que c’est un moment très important lorsque le Muezzin appelle à la prière. L’Imam prononce ensuite son discours et le clos en récitant deux Rak’ats.


16012015-5O2A6011Le Maroc nous fascine par ses changements de paysages. Il est sensationnel de faire du bivouac dans ses contrées. Entre Casablanca et Oualidia c’était assez plat, mais entre Oualidia et Safi ce sont les falaises qui dominent.

 

 

 

 

Nous restons peu de temps à Safi car visiter une ville sans hébergement à vélo n’est pas évident. Nous nous contentons de traverser son port en plein travaux d’agrandissement.
En longeant la côte après la sortie du port, tout devient plus calme. Le vent se lève, il souffle fort, heureusement dans le dos. Nous fonçons vers Sidi Kaouki . Nous rencontrons Anne une allemande et Roy un Écossais, deux voyageurs à vélo. C’est dans la maison de Brahim que nous faisons connaissance.

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Plus loin une piste de cailloux et de poussière sur 30kms, relie Le Cap Tafelney à Imsouane. Particulièrement jolie. C’est à partir de ce moment que ma jante arrière donne des signes de fatigue. Une légère fente me fait redouter le pire.10022015-5O2A6915 Le moindre caillou ou trou peut l’endommager davantage.
Nous traversons des petits villages typiques .Les maisons y sont construites avec des murs en pisé (mélange d’argile et de paille) .Il y a des petites ouvertures pour garder le maximum de fraicheur à l’intérieur surtout lors des fortes chaleurs en été.


Sans eau nous demandons aux habitants s’ils peuvent nous aider à en trouver. Ils nous dirigent vers le premier puits venu et nous offrent spontanément le thé. Il m’est impossible de compter le nombre de litres de thé que j’ai pu boire ainsi que les kilos de pain ingurgités. Cet élan de générosité et d’hospitalité nous charme.

Nous nous rendons bien compte que la fortune de l’Homme n’est pas l’argent qu’il possède. C’est en ouvrant son cœur aux autres que l’Homme devient plus riche.

 

DE IMSOUANE A GUILMIM

Deux choix s’offrent à nous: soit prendre la route côtière, soit faire un détour par les montagnes pour découvrir la Vallée du Paradis. Le meilleur moyen de savoir les choses c’est de demander aux autochtones. C’est Saïd qui nous conseille de continuer vers les montagnes. Nous n’allons pas être déçus. Deux jours à gravir les cols entre les palmiers, arganiers, bananiers et sources naturelles.
Bienvenue au Paradis. La route est interminable pour y arriver, enfin le 29 janvier on se baigne dans une piscine d’eau de source naturelle (extrêmement froide au demeurant, pas plus de 5 degrés) .Et c’est parti pour un bon bain rafraichissant.


Une fois sortis des montagnes, nous nous dirigeons vers la côte atlantique. Le décor n’est plus le même, il devient morne. Agadir = tourisme de masse= hôtels, nouvelles routes et aménagements en tout genre. C’est la raison pour laquelle, nous nous échappons d’ici pour rejoindre au plus vite Guilmim et le Sahara. Il est à noter que la région de Guilmim a été gravement ravagée par les intempéries de décembre dernier. Des routes et des ponts n’existent plus.

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Cela fait aujourd’hui 2000 kms que je serpente le Maroc et voilà nous y sommes : aux portes du Sahara.

LE SAHARA

C’est le désert le plus vaste au Monde: 8 millions de KM² .Il relie l’atlantique à la mer Rouge en Egypte. Seul le Nil le resiste. 1.5 Millions de personnes y vivent toutefois.
On ne sait pas trop à quoi s’attendre. Les personnes que nous avions rencontrées auparavant nous mettaient en garde, par rapport aux tensions politiques. Elles nous conseillaient de prendre soit un train soit un bus. Que nenni c’est à vélo que nous irons.
Il faut trouver de l’eau 7L chacun et par jour, de la nourriture et de la crème solaire (que nous n’avons finalement pas acheté). Pas de choix de route ce sera la N1, très fréquentée par les camions. Mais les routiers sont sympas. A chaque passage ils font attention à nous et nous saluent.
07022015-5O2A6799Première chose qui nous frappe en arrivant : mais où est passé le sable? Il y a des plantes vertes partout. Mais peu à peu le sable devient le roi du paysage et les dunes le vénèrent majestueusement.

 

 

 

 


 

Le sable arrive en même temps que les contrôles de la gendarmerie qui pour notre sécurité nous demandent de dormir près des postes des forces auxiliaires. 05022015-5O2A6753Nous sommes peu envieux car le but d’un voyage comme le notre c’est d’être libre et de choisir son bivouac. Toutefois ils sont d’une extrême gentillesses et nous invitent parfois a partager leurs repas.
Mon visa se termine le 15 mars, nous avons pris la décision une fois arrivée à Laayoune, que ça serait en bus que nous irons à Tanger. Cette décision nous permet de prendre un rythme plus calme. Cela nous donne le temps pour explorer un peu mieux les hautes dunes.


Les locaux nous ont annoncé des tempêtes de sable en direction de Tarfaya, notre destination future et en effet ça souffle fort. Nous devons protéger nos visages avec ce que nous pouvons.13022015-5O2A7035
A Tarfaya deux routes sont possibles. La route côtière ou la N1. Sans hésiter l’équipe se dirige vers la côte. Ici le sable envahi la route et empêche les camions et les voitures de passer avec facilité. C’est la neige à l’envers.14022015-5O2A7043
En plus du vent et du sable, la température est très élevée, plus de 35° .Nous nous déshydratons beaucoup et devons sans cesse prévoir des réserves de plus en plus grandes en eau.
Nous arrivons à Tarfaya le 14 janvier et demain nous partons pour Laayoune distante de 130Km mais qui est aussi le terme de notre étape.
Le 15 nous atteignons Laayoune. Cela fait 6200 Km que je pédale après mon départ de Landrecies. Ce sera sans doute le point le plus au sud de mon voyage Africain.

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Le lendemain c’est donc en bus que le voyage se poursuit afin de rallier Tanger.


DE TANGER À NADOR DU CHANGEMENT DANS L’AIR…

C’est sous une tempête non de sable mais d’eau, que nous devons nous diriger vers Nador .Nous y avons réservé un ferry qui nous ramènera vers la France
Malheureusement pour rejoindre Tétouan à 40kms de Tanger il va falloir pousser. Il est impossible d’avancer car le vent puissant, nous empêche de rester sur les vélos.
Cette route je la connais car je l’ai effectuée avec Tatane et Jerem il y a presque 3 mois et à 4 kms de Tétouan, le drame arrive: ma jante arrière se casse!


FINI, je ne peux plus rouler.
Malgré les mauvaises conditions climatiques et mes déboires nous devons trouver une solution pour dormir. C’est Mohammed qui nous vient en aide. Il s’est souvenu de moi, lorsqu’avec mes deux comparses, nous l’avons rencontré au début de notre voyage Marocain. Il nous invite à dormir chez lui. Nous emmagasinons des forces et du courage pour continuer notre route en bus.
Un malheur n’arrivant jamais seul, voilà que Matthieu m’annonce qu’il ne peut plus faire partie de l’aventure et quitte le YOLO TOUR SANS ROULETTES.
Difficile pour moi de réagir à son départ, je suis choqué et triste.
Nous sommes actuellement dans le Sud de la France pour réfléchir et préparer la suite du voyage avec Luca. Nous devrons sans doute nous diriger vers la Turquie très prochainement.


VIDÉO VERS LE SAHARA OCCIDENTAL

Written by Tom

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