Un an, un bilan.

 

Parti le 18 octobre 2014 à 16h du lycée Dupleix de Landrecies je ne savais pas qu’un an après je serais au Pamir au Tadjikistan. Affrontant le froid des montagnes.

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Ce jour la je partais en vacances avec mes potes. On allait vers Amiens par des jolis chemins d’automne.

 

Mais revenons un peu en arrière. 2012 je pars seul au Canada pour un an de visa de vacances travail. J’ai passé 8 mois à voyager et travailler au black. J’ai fait des supers rencontres comme on fait dans chaque voyage. J’ai dépensé beaucoup d’argent car je n’y prêtais pas attention. Je profitais des hôtels 5 étoiles, des restaurants. Vegas m’a ruiné ! Une chambre à 450 dollars la nuit pour une fille.

Je suis retourné à Vancouver pour voir ma cousine. Sans argent, en l’attendant j’ai du dormir dehors sous un arbre avec un sans abris, où dans les McDonalds ! D’ici je pouvais partager toutes mes aventures sur internet.

Sauf que nous sommes tombés amoureux avec cette fille de Vegas. 4 mois après j’ai du retourner en France. Dépression, démission. Une très mauvaise période. Des dettes car j’ai voulu jouer au malin avec Pole Emploi.

J’ai repris un travail pour mettre de l’argent de coté pour aller vivre aux USA pour être avec cette fille.

Mais dans ma tête cette relation n’était pas saine, je pensais à un rêve. Le tour du monde.

Je retrouvais le sourire. Mon boulot : agent de fabrication sur chaine automobile. De quoi se motiver à partir. Nous arrêtons cette relation instable en Mars 2013.

 

Me voilà à sortir des cartes, des crayons, des atlas, à dessiner des itinéraires sans vraiment savoir comment j’allais relier ses villes et sans savoir pourquoi !

Étais je perdu dans ma vie ? Est ce que je cherche quelque chose en moi que je ne connais ? Est ce une fuite ? Pour le moment je ne sais pas, je suis juste excité de voyager.

 

Par hasard je tombe sur un site qui répertorie les moyens de faire un tour du monde, à pied, bateau, voiture, âne, avion et vélo. Vélo je tombe sur Solidream. 3 potes qui font le tour du monde à vélo. Une vidéo fait tilt et je décide de partir à vélo pendant 2, 3, 4, 5 ans !

 

Je rencontre Juliette une amie de mon frère qui voyage en Australie a qui je propose de faire le tour du monde avec moi ? Pourquoi elle ? Parce que c’est la seule dans mon entourage qui voyage et que je ne veux pas être seule !

Elle est emballée par le projet et petit à petit on monte ce Yolo Tour. Un itinéraire peu précis mais qui débute de l’Australie. Novembre 2013 elle abandonne le projet pour une autre vie. Aucun jugement, nous faisons tous ce que l’on veut.

 

Me voilà solo, mes parents ne sont pas chaud à l’idée que je parte seul. Mes amis de Solidream partage une photo de nous en précisant le nom de projet. Quelques semaines plus tard Matthieu me contact pour que nous nous rencontrons.
Il se trouve qu’il devait partir avec son frère mais celui ci a quitté le navire. Nous avons le même passé. Après plusieurs rencontres on se décide à partir ensemble et bâtir le Yolo Tour Sans Roulettes. Nous déconnons, bonne ambiance, on va sur Paris dans des festivals de voyage, on roule ensemble quelques jours. Un site se créée des sponsors arrivent. Puis cette date que nous nous sommes fixés : le 18 octobre 2014 jour du départ !

Le site se rempli d’articles techniques, astuces, le Facebook est plutôt actif et les gens excités à l’idée du départ. Nous aussi ! Mais Matt m’annonce qu’il est touché d’une maladie aux dents qui va lui couter cher. Il doit repousser le départ de 6 mois.

Impossible pour moi. Mais Jerem un jeune célibataire m’envoi un message pour faire quelques mois avec moi. Il tombe à pic ! Nous décidons de partir jusqu’au Sénégal. Ce qui me laissera le temps de rejoindre Matt 6 mois plus tard.

Nous faisons quelques émissions de radio, des articles dans les journaux. Le monde sait que nous partons Matt et moi autour du monde pendant 5 ans !

 

18 octobre 2014. C’est parti ! Jerem et moi sans Matt.

 

Vous connaissez parfaitement le début de mon idée de tour du monde. Mais que s’est-il passé en un an de voyage à vélo. Ai je changé ? Si oui par rapport à quoi ?

 

Comme je disais, je pensais partir en vacances avec mes potes. Sauf que pour ces vacances ci je me suis fixé un budget. Entre 5 et 8 euros par jour. Je me suis aussi fixé une autre règle : éviter de payer pour les hébergements pour favoriser le contact avec la population mais aussi éveiller mon esprit de débrouillardise.

 

Je suis mauvais en mécanique, la dernière fois que j’ai fait du vélo c’était il y a 10 ans et j’ai décidé de me charger comme il faut !

 

Au fur et à mesure du voyage j’ai appris à garder le nécessaire. Au bout du 3eme jours j’ai renvoyé des objets inutiles. Et ça jusqu’au 14 octobre 2015 ou j’ai renvoyé une machette, une enceinte et une bâche.

Garder le nécessaire, vivre avec ce que j’ai. Chose qu’on ne peut pas comparer avec la maison. Avec nos 13 boxers, 20 paires de chaussettes et 40 T-shirts. En un an j’ai donc appris à faire avec ce que j’avais. Si mes affaires sont sales et bien je vais les laver, si je n’ai plus de savon je vais en acheter etc.… Simple non ? Et bien au départ je ne me disais pas ça. J’étais plus dans le «  je prends 3 savons comme ça j’en aurai d’avance, j’ai 1 slip par jour pendant 8 jours. De même pour les T-shirts. »

Puis on se rend compte que j’ai des T-shirts qui sont restés au fond de la sacoche. Ah peut être que je n’en ai pas besoin finalement. Et on commence à trier le nécessaire du futile. Tesson a dit « Il existe un rapport proportionnel entre la rareté des choses que l’on possède et l’attachement qu’on leur porte ». Mon unique T-shirt est très important il me sert à rouler de même que mon seul pantalon qui fait short. Ma chemise à manche longue me sert à être habillé quand il le faut, j’ai trouvé le bon roulement pour mes 4 slips !

Je pourrais faire l’inventaire de mes affaires ! Allez je le fais :

Dans ma sacoche avant gauche il y a :

– un pantalon de pluie

– un filtreur d’eau

– des médicaments et de la nourriture

Dans la sacoche avant droite il y a :

– deux livres

– un ordinateur

– deux disques dur et des câbles USB

– le chargeur de l’ordinateur et des gâteaux.

Dans la sacoche arrière droite il y a :

– un duvet

– un matelas

– un oreiller gonflable (gros confort) un leggings et mon carnet de voyage.

L’arrière gauche : mes affaires.

Ma sacoche arrière : Sac de rando, tente, réchaud, popote, outils.

Ma sacoche guidon : un appareil photo, couteau, chargeur, écouteurs.

Et une guitare !

J’ai trouvé mon nécessaire utile !

 

Apprendre à tenir un budget.

Grande épreuve car ma dernière expérience voyage n’a pas été très bonne en terme de budget. Mais c’est peut être une leçon. Vivre avec 5 et 8 euros par jour met des barrières. Terminé les Triple Cheeseburgers supplément oignons ! Qu’est ce qu’on peut faire avec 8 euros par jour ? Voyager pendant longtemps !

En faisant attention à ne pas gaspiller.

Des pays que j’ai traversé j’ai pu voir de la pauvreté, des gens qui ne gagnent même pas 200 euros par mois. Comment font-ils ? C’est de ces gens là que nous devrions prendre exemple. Ce budget permet également d’acheter le nécessaire, mais n’empêche pas les petits plaisirs.

Mon rapport à l’argent a bien changé. J’ai peut être changé d’un point de vue positif mais aussi négatif. Par exemple quand mes parents sont venus en Turquie en vacances nous dépensions plus, dans des restaurants alors que nous pouvions trouver la même nourriture pour 2 fois moins cher. Mais il faut comprendre qu’on ne peut pas imposer son style de vie à d’autres qui ne l’ont pas.

Mais lorsqu’on se retrouve dans des villages du Tadjikistan ou d’Albanie on se rend compte de l’impact du moindre centime. J’ai appris à ne pas juger ceux qui avaient moins d’argent que moi. Entre eux ils ne font pas de différence. Et plusieurs fois j’ai entendu «  ce sont les moins riches qui donnent le plus ». Je peux dire oui. Quand on se retrouve au milieu de rien et qu’il y a deux petites maisons et qu’on vous invite à manger, on vous offre des fruits des légumes et un lit. Pourquoi ? Ça fait plaisir et on peut voir le sourire sur les lèvres.

L’exemple de cette femme en Turquie. C’est le ramadan, il est 9h nous avons envie de manger du pain. Une boulangerie, nous achetons du pain. Et cette femme descend de chez elle avec un plateau rempli de légumes, fromages, olives, miel… Elle a eu cette phrase «  Nourrir des gens qui ont faim me fait le plus grand bien. » Cette femme habite une petite maison et a surement sacrifié une partie de son repas. Une leçon que nous pouvons retenir.

 

La nourriture.

Associé au budget forcément je l’ai compris. Mais il y a aussi le gaspillage. Je ne peux pas dire que je suis devenu un combattant du gaspillage mais en un an on se rend compte de l’importance de la nourriture.

Dans nos pays développés nous avons de la nourriture à « foison » : « Le jour du dépassement est un concept développé par l’institut de recherche anglais new economics foundation, partenaire du Global Footprint Network. Le jour du dépassement marque chaque année le moment auquel nous commençons à vivre au dessus de nos moyens écologiques » (ref: footprintnetwork.com). Donc on se dit que nous pouvons gaspiller et jeter.
Quand on regarde dans les poubelles de super marchés, boulangerie, restaurant on voit des choses choquantes. En France, Italie c’était le pompon !

Quand on voyage on se rend compte des choses qui nous touchent moins quand on est sédentaire. A mon échelle j’ai appris à ne plus gaspiller. Si j’ai besoin de jeter quelque chose je regarde si personne n’en a besoin autour de moi. Souvent les enfants aimeraient avoir un petit biscuit. Il m’arrive souvent d’acheter un paquet de gâteau, des glaces, bonbons pour ses jeunes.
J’ai aussi vu un nombre incalculable d’animaux dans les rues. Ils mangent des sacs plastiques, de la terre… On m’offre beaucoup sur la route, à mon échelle j’offre aussi. Je partage mon repas avec un chien, avec un homme qui est venu s’asseoir a coté de moi. Ça me fait plaisir et rend heureux l’être qui est à mes cotés.

Le partage est préférable au gaspillage.

 

Je vais peut être passé aux yeux de certain pour un mec bizarre mais c’est aussi ce que j’ai appris.

Les femmes ! Ah oui les femmes. Un jeu pour moi avant. Collectionnons, amusons nous, jouons. Jouer à t’avoir, mentir pour arriver à mes fins. Viens dans mon lit que je t’attrape et que je te lâche.

Ma vie d’avant et début de voyage était comme ça. « Il n’y a rien de méchant de s’amuser un peu ». Mais manipuler et donc blesser n’est pas respectueux!

En voyageant j’ai vu comment certaines femmes étaient traitées. Je ne souhaite pas généraliser mais simplement exprimer mon point de vue.

Certaines ne servent qu’à faire à manger, faire des enfants, les élever et faire la boniche de monsieur, au long de la route j’ai vu ça. Quand on voit comment certains hommes parlent à leur femme et parlent d’elles ça fait peur et réfléchir…

Hommes mariés ou non que j’ai rencontré sans leur femme n’ont cessé de me poser des questions sur le sexe, si cette fille la bas « j’aimerai bien la b…. ». Je suis arrivé à un degrés ou ça arrive à me dégouter.

Il n’y plus de respect. Pourquoi devrions nous traiter les femmes comme des sacs à viandes bonnes ? Je me considère comme féministe et malheureusement je n’ai pas d’influence à mon échelle. Mais personnellement j’ai pris conscience que les femmes se doivent d’être mieux respectées.

 

On dit que le voyage est la meilleure école de la vie. Peut être. C’est une autre forme d’éducation qu’on se fait soit même. Le cerveau, les oreilles, les yeux, le nez, les mains sont plus ouverts que jamais.

On se force à s’intéresser aux choses qui ne nous intéressaient pas avant. On goute des produits inconnus (plus ou moins bons selon les gouts !) Un oiseau, une branche qui craque et on s’imagine la vie sauvage. Nos yeux captes des faits, gestes, des paysages et les impriment pour toujours. La sensibilité de l’odorat c’est développé. Je suis devenu très sensible à l’odeur des gaz d’échappements, de la pollution. Et mes mains sont grandes ouvertes pour remercier les gens qui m’aident, mais également tendu pour offrir le peu que j’ai.

 

365 jours, 15 080km, 17 pays, 910h de vélo cumulées, 6 compagnons de route, des centaines de rencontres, des dizaines et dizaines de locaux qui m’ont hébergé, environ 3000 euros dépensé.

Mais que suis je venu chercher ? Moi ? En fait je ne me connais pas encore. Chaque jour je prends conscience d’une nouvelle chose.

Le vélo me permet se changement lent et profond.

Written by Tom

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