Impossible de vous imaginez l’excitation que j’ai d’arriver en Iran. J’ai tellement attendu le visa qu’il me tarde de découvrir le pays !

 

A ma grande habitude je n’ai pas vraiment de plan de voyage. Je dois juste rejoindre Téhéran pour la fameuse course aux visas.

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L’accueil à la frontière me donne déjà des frissons. C’est comme s’il y avait un allée d’encouragement pour m’aider à entrer dans le pays. Je suis tellement heureux d’être ici que je roule avec un sourire d’enfant.
Première immersion quand on arrive dans un pays, gouter la nourriture. Il est 13h et j’ai grand faim ! A Maku je suis à la recherche d’un restaurant local. Et mon premier contact est réussi. Cet homme de 30 ans me voyant galérer à trouver m’invite dans un restaurant. Riz, légumes et de la dinde seront mon repas. Délicieux et peu cher. Nous discutons avec mon nouvel ami, et il me dit à la fin que si j’ai besoin de n’importe quoi en Iran je peux le contacter. Je sens que c’est vrai. Et plus tard je vais l’expérimenter.

J’ai environ 900km jusque Téhéran, je vais devoir y rester une bonne dizaine de jours pour régler les visas. Malheureusement, le visa n’est que 30j, je pense au futur et au Pamir au Tadjikistan. Il serait préférable d’y arriver début octobre afin d’éviter le grand froid. Disons 10j sur la route pour Téhéran, 10 jours ou plus sur place il me reste 10j d’Iran pour faire 1300km. Je verrais !

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Je roule dans la région de l’Azerbaïdjan de l’ouest, région assez sèche et chaude. Je rencontre tous les jours 10 personnes. On m’hurle « Tsai tsai tsai ». C’est une invitation au thé. Je dois en refuser si je veux avancer.

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Les iraniens sont d’une gentillesse incroyable. Le sourire aux oreilles quand ils voient un étranger. Avons-nous ce sourire en France ? Je ne crois. Ici on ne se bat pas pour vous mettre dehors mais pour vous offrir le thé, un repas ou un endroit où dormir. Il est beau de critiquer ce pays, la religion mais nous avons d’énormes leçons à prendre !
28082015-5O2A0717Je me sens bien seul. C’est une autre façon de voyager. Je pense beaucoup sur le vélo. Qu’est ce que ce voyage m’apporte, est ce que je change ? J’aurai peut être bientôt la réponse.

 
La route est plate, quelques prairies, montagnes aux alentours avant d’arriver à Marand !

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Un cycliste iranien me suit et me rattrape et me dit « Bonjour je suis Akbar de Warmshowers. » J’avais compris ! Akbar est très connu sur internet et parmi la cyclo family. Il a hébergé plus de 600 voyageurs ! Je serais le 669eme ! Il tient une petite boutique et offre tout le premier jour. Un de ses amis m’amène dans une petite ruelle de la ville. Je suis convié à un cours d’anglais pour fille. Je suis en short, transpirant et me voilà debout, face à 12 jeunes filles qui sourient. Une super expérience que de parler de son aventure à ses jeunes

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Pourquoi j’insiste sur le short ? Il y a deux-trois trucs à savoir sur l’Iran. C’est une république islamique. Le port du short est normalement interdit. Ils sont compréhensifs car nous faisons du sport, mais une fois en ville nous devons revêtir le pantalon. Serrer la main à une femme est interdit également. Se promener avec une femme dans la rue est interdit sauf si nous sommes mariés. Le port du tchador est obligatoire pour les femmes (couvre les cheveux, et une partie du visage). Elles ne peuvent montrer leur bras. Les bus, métros sont séparés. Un compartiment homme, un compartiment femme. Et bien entendu l’alcool est illégale …
Le soir je vais dormir dans la montagne dans une maison fabriquée uniquement pour les cyclos !
Je reprends la route avec mon hôte et un suédois (que j’avais croisé à Istanbul) et allons à Tabriz.


 

Pas grand choix de route… Dommage. Mais certain paysage coupe le souffle. 80km de descente jusque Tabriz où Akbar sait où nous emmener. Dans presque chaque grande ville d’Iran il y a un Mosafer Park, le parc des voyageurs. C’est une sorte de camping gratuit avec douche, toilette, wifi et pleins d’iranien qui veulent repartir avec le souvenir de voyageurs à vélo !

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Je n’aime pas rouler vite, mais je savais que la route entre Tabriz et Zanjān n’était pas super. Je regarde aussi les jours et je me dis que je peux prendre l’autoroute et aller plus vite. A la sortie de Tabriz j’attaque l’autoroute. Mince ça grimpe beaucoup… Col à 2100m, 1900m… J’ai un vague souvenir de la route pour Istanbul, qui monte et descend. C’est exactement ça.
Au péage je m’arrête souvent pour faire le plein d’eau. A tous, une famille est venue vers moi pour m’offrir le repas. Je prends des cours audio de Farsi ce qui facilite la conversation. Ils sont d’ailleurs heureux de voir que je peux comprendre et parler.

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Assis derrière la voiture pour se protéger du soleil, une nappe par terre et nous mangeons avec le sourire. Ils me passent leur numéro en ajoutant « si vous avez besoin de quoi que ce soit ».

 

 

 

Pendant 2 jours je fais plus de 110km par jour. Mon dernier jour d’autoroute est une horreur. Je décide de commencer la journée à 6h. Il va pleuvoir à grosses goutte jusque 13h… Les rivières débordent, la boue coule partout. Un homme qui vend des pastèques me force à m’arrêter pour que je me réchauffe avec du thé. Puis il m’envoi au restaurant. Ils sont tous impressionnés par mon courage et ma volonté. Ils sont souriants et nous discutons de tout et de rien. Je veux payer mais quelqu’un l’a fait pour moi… En plus d’être sympathiques ils sont généreux.

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Les montagnes russes iraniennes me donnent mal aux jambes je décide de reprendre la route secondaire.
Depuis quelques semaines j’étais en contact avec Olivier Peyre, un cyclo qui roule depuis 7 ans sans émission de carbone. Jerem l’a rencontré au Tadjikistan. Je sais qu’il est en Iran. On s’était dit qu’on se croiserait. Mais j’ai pris l’autoroute alors pour moi je l’avais raté.

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Croyez moi ou non, au moment où je suis sorti de la route je vois un cyclo au loin ! C’est lui ! La tête qui l’a fait quand je suis lui ai dit « salut Olivier » ! Quand je lui ai dit qui j’étais on s’est fait un gros câlin ! Lui doit aller au plus vite à Tabriz étendre son visa.

 

Moi allé vite à Téhéran pour ne pas y rester trop longtemps. Mais on a tout deux envie de rester une soirée ensemble. Après réflexion on décide de déposer les vélos à la croix rouge qui se plient en 4 pour nous aider, et on file en stop à Tabriz !
On passe 2 jours dans la ville pour faire son extension. C’est un mec super, déterminé comme jamais avec beaucoup d’humour. On arrivera même à se faire passer pour des reporters de National Geographic en plein Bazar.

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On doit se quitter et reprendre nos routes respectives.
La route est plus agréable, je suis une ligne de chemin de fer construite à l’aide des français.
Avant Zanjān je m’arrête devant une maison pour voir un coin de bivouac. La famille me voit et m’invite à boire un thé. J’ai l’impression que toute la famille est réuni la ce soir ! Barbecue, mais, puis repas sur le tapis dans le salon. Une soirée incroyable. Je n’ai rien demandé et on m’invite à manger et dormir. Je vais dormir chez l’un des membres de la famille qui m’offre une bière (absolument interdit en Iran).

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Si je me dépêche c’est pour pouvoir ne pas perdre de temps avec les visas. Je me suis organisé un programme serré. Dimanche : aller à l’ambassade de France pour demander mes lettres d’invitations. Lundi matin aller chercher mon visa Ouzbek et faire la demande du visa Tadjik. Mardi récupérer le visa Tadjik et faire la demande du visa Turkmène. Mercredi récupérer mes lettres d’invitations et faire la demande du visa Chinois. Attendre vendredi normalement pour avoir mon visa Turkmène. Et Mercredi d’après récupérer mon visa Chinois.
Mais aujourd’hui nous sommes Vendredi, il me reste 330km jusque Téhéran. Je roule vraiment sans m’arrêter. La route et les paysages sont moins attractifs. Il y a plus d’usines par ici.

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La rencontre.
Avant Karaj je m’arrête dans un Kebab. En commandant j’entends une voix qui me dit en français qui me dit « Vous parlez français ? ». Une femme m’a parlé ?? Sans réfléchir je lui sers la main et elle me glisse « normalement c’est interdit mais on s’en fout ».
Nous mangeons ensemble, elle s’appelle Nahid, elle à 55 ans et est très heureuse de me parler. Elle ma raconte sa vie, ses soucis mais aussi ses projets. On discute une heure ensemble. Elle me dit de venir dormir chez elle à Téhéran. Elle me donne son numéro de téléphone et part.
C’est étrange qu’une femme m’invite chez elle !
Le dimanche j’arrive à Téhéran, je m’occupe de mes papiers et me dirige chez Nahid ! Elle habite dans un beau quartier et je comprends pourquoi je peux venir chez elle. Elle habite avec son fils.
C’est une femme extraordinaire. Toujours le sourire, elle me fait visiter la ville, organise des repas avec ses amis… Je vais rester 15 jours chez elle. Il est difficile d’exprimer à quel point je suis attaché à cette femme. Elle m’a aidé à me déplacer dans Téhéran, faire mes démarches. Un grand merci à Nahid.

 

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L’avant dernier jour je pars en rando sur la montagne derrière Téhéran, le mont Damavand.
Malheureusement mon visa va bientôt s’arrêter il ne me reste que 4 jours de visa… Je dois prendre un bus de Téhéran à Sarakhs.

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La bas je tente de trouver un endroit gratuit où dormir, je vais à une adresse donné par un local. C’est un mec qui s’occupe des touristes. Il veut me faire dormir à l’hôtel, je refuse. Il me demande mes papiers fait des photocopies, les envois à la police et 30 minutes après je suis menotté sans raison et embarqué au poste avec ma sacoche guidon…
Je me sens mal, je ne comprends ce qui vient de se passer. Pas un mec parle anglais je me démerde avec mon Farsi. Il me dit que je suis dans une zone dangereuse et que je ne peux pas dormir dehors blabla… Ils fouille ma sacoche et pas de chance tombe sur des balles en or que j’avais trouvé par terre en Turquie…
Impossible de lui expliquer que j’ai gardé ça en souvenir, je me retrouve me retrouve en cellule pendant 5h sans manger… Personne ne me parle, je demande ce qu’il se passe mais on ne me comprend pas. Puis en fin d’après midi un haut gradé arrive, vient me voir et me parle anglais. J’explique ce qu’il vient de se passer et va pousser une gueulante à ceux qui m’ont traité ainsi en hurlant que je ne suis pas un terroriste mais un touriste qui s’en va demain ! Il leur donne l’ordre de me ramener la où j’étais et en payant une partie de l’hôtel ou je vais rester (car je vais être obligé d’y rester).
Voilà comment se termine mon excellent séjour en Iran. L’Iran me manque, sa population plus que chaleureuse, je n’ai jamais rencontré de gens aussi heureux de rencontrer un étranger.
A bientôt l’Iran.

Vidéo

Written by Tom

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